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samedi 31 mai 2008

Les jardins soupirants

Et comme tout peut s'inverser d'un instant à l'autre, je dis à Lily, car qu'il n'écrive pas, que Blum n'écrive pas, est presque devenu une sorte de bienveillance, comme la chaleur qui m'entoure quand je pénètre dans la pièce, le premier feu allumé dans la cheminée verte, ou un simple feu qui prend dans la cheminée, un bois tendre ou les bras pleins de tendresse de Blum, et je m'éveille de cette sieste avec les mots PAYSAGE DE BAISERS, et luisant devant moi un tissu de feuillage de lancettes vertes, etc...


Brütt ou les jardins soupirants - Friederike Mayröcker

vendredi 30 mai 2008

John Lautner


John Edward Lautner, (1911-1994), fut un architecte américain dont la production très influente, essentiellement située en Californie du sud, combinait la prouesse technique avec une architecture très sensuelle et spectaculairement futuriste.
  • De son bureau à Hollywood, John Lautner construisit de nombreuses villas (maison Carling, maison Silvertop, maison Arango, maison Segel, maison Malin dite "Chemosphere", maison Elrod, ...)qui ont comme point commun des espaces complexes dynamiques et fluides, des plans non orthogonaux et des variations de niveaux, ménageant lieux d'intimité et vues spectaculaires, pour lesquelles l'architecte testait de nouvelles solutions constructives.
  • Les créations originales de John Lautner ont servit de décors pour des films (The Big Lebowski, Body Double, ...) et ce n'est pas par hasard, John Lautner est un des architectes visionnaires les plus importants du 20ème siècle !

jeudi 29 mai 2008

A propos du Bonheur...

« Ce que jeunesse désire, vieillesse l'a en abondance. »
C'est Goethe qui cite ce proverbe au commencement de ses mémoires. Et Goethe est un brillant exemple de ces natures qui façonnent tout événement selon leur propre formule.

Spinoza, qui a saisi mieux que personne ces natures crocodiliennes, invincibles, dit que l'homme n'a pas besoin de la perfection du cheval. De même aucun homme n'a usage de la perfection de Goethe. Mais le marchand, partout où il est, et aussi bien sur des ruines, le marchand vend et achète, l'escompteur prête, le poète chante, le paresseux dort. Beaucoup de gens se plaignent de n'avoir pas ceci ou cela ; mais la cause en est toujours qu'ils ne l'ont point vraiment désiré.
Ce colonel, qui va planter ses choux, aurait bien voulu être général ; mais, si je pouvais chercher dans sa vie, j'apercevrais quelque petite chose qu'il fallait faire, et qu'il n'a point faite, qu'il n'a point voulu faire. Je lui prouverai qu'il ne voulait pas être général.

Propos sur le Bonheur - Alain - 1928

mardi 27 mai 2008

Marcel Wanders

Marcel Wanders, l'enchanteur du design




Au pays de Marcel Wanders, il y a des cloches géantes en porcelaine qui trônent dans les salons, des chevaux qui font office de lampadaires, des cochons qui portent des plateaux et des bougies électriques qui s'éteignent d'un simple souffle. Chaque objet raconte une histoire, véhicule une émotion, stimule l'imaginaire.
"Nous sommes aussi des poètes capable de toucher les gens".

Christophe Pillet - Home

De l'esprit de Lourdeur - Nietzsche

...En vérité, apprendre à s'aimer, ce n'est point là un commandement pour aujourd'hui et pour demain. C'est au contraire de tous les arts le plus subtil, le plus rusé, le dernier et le plus patient...
A peine sommes-nous au berceau, qu'on nous dote déjà de lourdes paroles et de lourdes valeurs : "bien" et "mal",
c'est ainsi que s'appelle ce patrimoine. C'est à cause de ces valeurs qu'on nous pardonne de vivre.
Et c'est pour leur défendre à temps de s'aimer eux-mêmes, qu'on laisse venir à soi les petits enfants : voilà l'ouvrage de l'esprit de lourdeur.
Et nous, nous traînons fidèlement ce dont on nous charge, sur de fortes épaules et par-dessus d'arides montagnes ! Et si nous nous plaignons de la chaleur on nous dit : "Oui, la vie est lourde à porter !"
Mais ce n'est que l'homme lui-même qui est lourd à porter ! Car il traîne avec lui, sur ses épaules, trop de choses étrangères.

Pareil au chameau, il s'agenouille et se laisse bien charger.
Surtout l'homme vigoureux et patient, plein de vénération : il charge sur ses épaules trop de paroles et de valeurs étrangères et lourdes, — alors la vie lui semble un désert !

...En vérité, mois aussi, j'ai appris à attendre, à attendre longtemps, mais à m'attendre, moi. Et j'ai surtout appris à me tenir debout, à marcher, à courir, à sauter, à grimper et à danser.
Car ceci est ma doctrine : qui veut apprendre à voler un jour doit d'abord apprendre à se tenir debout, à marcher, à courir, à sauter, à grimper et à danser : on n'apprend pas à voler du premier coup !
Avec des échelles de corde j'ai appris à escalader plus d'une fenêtre, avec des jambes agiles j'ai grimpé sur de hauts mâts : être assis sur des hauts mâts de la connaissance, quelle félicité ! — flamber sur de hauts mâts comme de petites flammes : une petite lumière seulement, mais pourtant une grande consolation pour les vaisseaux échoués et les naufragés ! —
Je suis arrivé à ma vérité par bien des chemins et de bien des manières : je ne suis pas monté par une seule échelle à la hauteur d'où mon oeil regarde dans le lointain.
Et c'est toujours à contrecoeur que j'ai demandé mon chemin, — cela me fut toujours contraire ! J'ai toujours préféré interroger et essayer les chemins eux-mêmes.
Essayer et interroger, ce fut là toute ma façon de marcher : — et, en vérité, il faut aussi apprendre à répondre à de pareilles questions ! Car ceci est — de mon goût : — ce n'est ni un bon, ni un mauvais goût, mais c'est mon goût, dont je n'ai ni à être honteux ni à me cacher.
"Cela — est maintenant mon chemin, — où est le vôtre ?"
Voilà ce que je répondais à ceux qui me demandaient "le chemin". Car le chemin — le chemin n'existe pas.

Ainsi parlait Zarathoustra. De l'esprit de lourdeur
Friedrich Nietzsche

lundi 26 mai 2008

Votre Maison - Khalil Gibran


Votre maison est votre plus grand corps.
Au soleil elle s'épanouit et dans ses rêves elle s'évade la nuit.
Avez-vous la paix, cet élan serein qui révèle votre pouvoir ?
Avez-vous des souvenirs, ces lueurs en arcade qui coiffent les cimes de l'esprit ?
Avez-vous la beauté, ce chemin qui conduit votre coeur à travers les objets de bois et de pierre jusqu'à la montagne sacrée ?
Dites-moi, avez-vous tout cela dans vos maisons ?
Ou plutôt n'avez-vous rien d'autre que le confort, cet amour du corps pour le confort, qui rampe pour franchir votre porte en invité et devient votre hôte, puis vous reçoit en maître ?
Et le voici dompteur qui, avec fourche et fouet, vous tire par les fils de vos amples désirs pour en faire des pantins.
Si sa main est de soie, son coeur est de pierre.
Il vous berce jusqu'au sommeil uniquement pour rester devant votre lit et pour mieux railler la dignité de votre chair.
Il se moque de vos cinq sens et, tels des vases fragiles, les dépose dans le duvet du chardon.
En vérité, l'amour du corps pour le confort assassine la passion de l'âme, puis marche en ricanant derrière son cortège funèbre.
Mais vous, enfants de l'espace, qui ne cessez d'agir, même dans le repos de vos soupirs, vous ne serez point piégés ni domptés.
Votre maison ne sera pas une ancre mais un mât.
Elle ne sera pas un tissu moiré qui couvre une plaie, mais une paupière qui protège l'oeil.
Vous n'aurez point à replier vos ailes afin de franchir ses portes, ni à courber la tête pour éviter son plafond, et ni même à retenir votre souffle de peur de voir ses murs se lézarder et s'écrouler.
Et même si son intérieur est luxe et splendeur, votre maison ne saura garder votre secret ni recueillir vos désirs.
Car l'intimité en vous, hôtes et éthers, habite le palais du ciel, dont la porte est la brume du matin, les fenêtres chants de la nuit, et les lucarnes silences."

Khalil Gibran (جبران خليل جبران)

vendredi 23 mai 2008

ZEN


Rendant visite au vénérable maître Ching dans son monastère
je me rends en ce lieu enchanté
le moine éminent vit dans l'insouciance
il a fait installer un jeu d'échecs dans un recoin de bambous verdoyants
toute la journée il y a là du vent frais
l'eau s'écoule du pavillon des soutras
Les nuages oisifs pénètrent dans le temple
à ce moment-là, libéré des dix milles soucis
je m'échappe de la cage du monde de poussière.

mardi 20 mai 2008

Le Book Crossing

C'est un mouvement né vers 1990 et qui s'est peu à peu répandu dans le monde entier : des livres sont "abandonnés dans la nature" pour que d'autres lecteurs puissent en profiter.
Contrairement à leurs homologues à la dynamite ou à la nitroglycérine, ces "bombes culturelles", lâchées au hasard, sont d'une nature profondément altruiste.
Inciter son prochain à lire, c'est-à-dire à tomber dans le délicieux traquenard de l'amourachement littéraire - ne plus pouvoir lâcher son livre - lire dans le météo, sous les draps, au coin d'un feu, en marchant, assis, couché, debout, est la meilleure des drogues que l'on peut souhaiter à ses amis...

lundi 19 mai 2008

Christophe Pillet - Designer




Un univers hétéroclite...
La carrière de Christophe Pillet aurait pu prendre une tournure différente, mais le hasard a finalement bien fait les choses. Passionné de musique, il s'inscrit aux Arts Déco à Nice pour faire plaisir à ses parents. Puis il tombe sur un article présentant le groupe Memphis qui lui donne envie de se mettre au design.
C'est ensuite dans un journal qu'il trouve, alors qu'il est en Italie, une petite annonce pour travailler chez Philippe Starck où il passera cinq années. En 1993, Christophe Pillet décide de monter sa propre agence afin de créer sous son propre nom. Depuis, le succès ne s'est pas fait attendre. Créations de mobiliers, produits industriels, scénographies d'hôtels, design de salle de bains... on le retrouve aujourd'hui sur tous les fronts.

Toujours avec cette volonté de toucher les gens, de créer un imaginaire avec ses propres créations... Et s'il ne pense pas avoir un style à part entière, il opte avant tout, par goût personnel, pour des choses simples et compréhensibles.

jeudi 15 mai 2008

Voyages...


"La vie est une vapeur...
légère buée qui mouille
la paume de la main
et puis plus rien"

Jaime Garcia Terres - Poème Mexicain

mercredi 14 mai 2008

PP225 - Design Hans J.Wegner - 1950


Hans J.Wegner


Hans J. Wegner (1914-2007) fut incontestablement le designer le plus significatif du mobilier moderniste danois. En plus d’être doté d’une rare faculté de conception de formes nouvelles mariée à un souci quasiment religieux de l’ergonomie, cet architecte jutlandais avait un don incroyable pour le bois et pour ses possibilités. Il est à noter que Wegner a débuté sa carrière en 1931 en tant que maître ébéniste contrairement à ses contemporains Arne Jacobsen, Boerge Mogensen, Finn Juhl ou Poul Kjærholm.

Wegner cherchait continuellement la solution structurelle la plus apte et la plus solide pour ses meubles, mais jamais aux dépens de la beauté. Nous trouvons les assemblages de bois les plus époustouflants de l’histoire du mobilier scandinave, si parfaitement conçus que l’architecte les a laissés apparents et évidents, comme des ornements emblématiques à part entière
ou comme des signatures poétiques et personnelles.

mardi 13 mai 2008

ZEN

La culpabilité parle d'hier...
L'angoisse parle de demain...
Que faites-vous aujourd'hui ?

Être zen,
c'est expérimenter ce que les choses sont,
et non ce que l'on croit qu'elles sont.

jeudi 8 mai 2008

Une maison dans les arbres



Tout en verre et en bois, cette maison sur pilotis, très contemporaine, permet de vivre au plus près des feuillages. C'est une construction moderne sur un terrain doucement pentu à Saint-Peter en Autriche.
Elle se caractérise par des lignes sobres et rigoureuses et par l'usage de la nature comme écran au voisinage : il était hors de question d'abattre un seul arbre, la maison a donc été pensée en fonction de leur implantation et offre une impression d'immersion totale dans les sous-bois.

Installées dans des modules en bois sur pilotis de béton, la maison bénéficie d'une vue magnifique sur les arbres et leurs frondaisons. Pour qu'ils se fondent dans la nature, ces modules ont été habillés d'épicéa dont la couleur évolue peu à peu vers un très beau gris.
Une salle à manger d'été a été aménagée sous l'un des modules, que l'on peut isoler grâce à un grand rideau de coton blanc qui coulisse sur une tringle.

mercredi 7 mai 2008

Le lieu qui nous abrite...


"Le lieu qui nous abrite, où nous pouvons dormir tranquilles, cuisiner nos repas, satisfaire nos besoins physique, ce lieu est d'abord un point géographique à la surface du globe. Il est déterminé climatiquement, topologiquement, socialement, culturellement et nous détermine en retour..."

"Mais cet abri est aussi autre chose qu'une protection contre les duretés du monde ou qu'un bric-à-brac d'objets. La maison est l'occasion de la rencontre avec une intimité à dévoiler en cercles concentriques qui nous mènent de l'extérieur du monde à l'intérieur de nous-même, cet intérieur où se tissent nos rêves et nos aspirations et où jaillit la créativité..."

mardi 6 mai 2008

Luis Barragan - Haras San Cristobal - Mexico





L'âme du minimalisme...
L'architecture de Luis Barragan est à la fois minimaliste et chargée d'émotion.
Barragan considérait les murs comme des sculptures et se servait de la couleur pour définir l'espace.
Barragan est peut-être le plus grand coloriste du Modernisme. Ses teintes naturelles, appliquées à une géométrie formelle, tempèrent de sensualité et de chaleur l'austérité de Le Corbusier et des premiers modernismes européens. La stylistique, profondément enracinée dans son Mexique natal, joue sur les vastes plans abstraits, la lumière, la couleurs, l'eau et la nature.

samedi 3 mai 2008

Ecaille de tortue nous a quitté

Minette a voulu jouer les filles de l'air et c'est ratatinée 6 étages plus bas...
elle a regagné aujourd'hui à 22H46, le paradis des chats...

Mur Végétal


Le Oulu Bar se trouve à Williamsburg près de Brooklyn. C'est un bar de 230 m2 qui a souhaité se mettre au vert.

L’endroit possède aujourd’hui tous les attributs écologiques nécessaires pour obtenir la certification américaine LEED: plaques de plâtre faites à partir de matériaux industriels recyclés, carreaux de céramiques biodégradables, panneaux naturels Mica, tout l’intérieur est en bois certifié FSC (Forest Stewardship Council), toutes les peintures sont à faibles émissions de COV (composants organiques volatiles) dont les pigments sont à base de lait…Quand on regarde le bar “avant” le mur végétal, le mur de plantes a donné plus de charme et de classe au bar! Tout le design a été réalisé par l’architecte Evangeline Dennie.
Quelques avantages des murs ou toits végétaux : cela contribue à la lutte contre l’effet de serre. Lorsqu’il fait trop chaud, cela rafraîchit l’intérieur et donc permet des économies d’énergie. De plus, c’est un très bon isolant (bruit…)

Le mur végétal améliore la qualité de l’air grâce au pouvoir de filtration de la pollution des plantes vertes.

Made in Japan


vendredi 2 mai 2008

Recadrage : Anatomie du changement...


Le sens que nous accordons à un évènement dépend essentiellement du cadre dans lequel nous le percevons. Lorsque nous changeons le cadre, nous changeons le sens. Ce n'est pas la réalité qui change, mais la manière dont nous l'envisageons.
"Le but de la vie est le développement personnel. Parvenir a une parfaite réalisation de sa nature, c'est pour cela que nous sommes tous ici".
Oscar Wilde

Lââm - Petite Soeur