dimanche 9 novembre 2008

Le départ

J'ordonnai qu'on sortit mon cheval de l'écurie. Le domestique ne me comprit pas. J'y allai moi-même, sellai mon cheval et le montai. J'entendis une fanfare au loin, je lui demandai ce que cela signifiait. Il n'en savait rien, n'avait rien entendu. A la porte, il me retint et me demanda : "Où vas-tu, maître ?
- Je ne sais pas, dis-je, je ne veux que partir d'ici, seulement partir d'ici. Sans cesse partir d'ici, ce n'est qu'ainsi que je pourrai atteindre mon but.
-Donc, tu connais ton but ?
- Oui, répondis-je, ne te l'ai-je pas dit : partir d'ici, tel est mon but.
Tu n'emportes pas de provisions, dit-il.
- Je n'en ai pas besoin, dis-je, mon voyage sera si long que si on ne me donne rien en route, il me faurdra mourrir de faim. Aucune provision ne me sauvera. C'est vraiment un voyage immense, heureusement ma foi."
KAFKA

1 commentaire:

edu brito da silveira a dit…

merci, Eiline! je viens de lire ce texte au livre "Le Kafka - Images de Francesco Barbieri" et je voudrais le copier et je l´ai trouvé à l´internet dans votre site. (pardon par le français... je suis brésilien) - e d u