samedi 5 avril 2008

Poème pour un Tibet libre



Nous prenons un deuil légal.
Nous versons des larmes d'amour.
Des visages familiers m'entourent.
Pour la justice, à cause de la douleur,
Et même si nous ne pouvons émettre une parole,
Nous nous sommes assis un moment, immobiles comme des pierres.
Cela a commencé ici, par amour.
Les gens à mes côtés partagent avec moi un même destin.

Un groupe de gens qui nous ressemble
S'est approché de nous.
Puis ils sont allés au bar; sont allés voir des chinoises,

Et certains restent là à nous dévisager.
Ils regardent le spectacle, en ricanant.

Ils regardent le spectacle, en ânonnant du chinois.
Les pauvres ! Les écervelés !
Certains demandent : "Et, plus tard, que mangerons-nous d'autre que de la tsampa ?"
Et en cette aube éclairée par les lampes d'offrande,
Ils nous guettent, derrière les rideaux, comme des voyous
Et refusent d'admettre qu'ils sont tibétains.

Nous, nous sommes bouleversées
Et prenons le deuil
Pour nos frères très proches.
A la lumière du bon augure et des lampes



(Poème / courrier international/avril 2008/auteur anonyme)

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