jeudi 30 octobre 2008

(...la plus chaude sagesse d'oiseau, etc.)

Je dis à Blum, bien trop tôt, tout serait parti en fumée, comme cela arrive toujours chez moi, pas vrai, je veux dire bien trop tôt, tout se serait à nouveau posé, aplani, normalisé, au sens de : heureuse de pouvoir être allongée sur la literie, bouquiner 1 peu ici et là, les livres préférés à côté de l’oreiller, le manteau floconneux dans la fenêtre, le silence parfait, intérieur / extérieur .. l’harmonie, je dis à Blum, comme « la desserte, harmonie en rouge » d’Henri Matisse, tableau où le papier peint se fond dans la nappe, tandis que le PERSONNAGE DE LA PIECE ou l’ANIMATRICE DE CHAMBRE enterre sa main gauche, plonge sa main gauche dans la pyramide de fruits, tandis que la droite saisit le cou du plateau en verre, à côté la mise en scène huilée des petits pains, des jeunes pousses des pins, des ramures des poissons .. et ramassés sur le plancher papier après papier parce que l’air court dans la chambre, bulles - frères - d’air : l’air court dans le bureau, l’air va et souffle dès que j’aère 1 tant soit peu la couverture étalée sur mes pieds...
Extrait de Brutt ou les jardins soupirants de Frédérike Mayröcher

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